Kyoto – Méditation – 京都 - 瞑想

kyoto méditation

Les mots sont inutiles, il suffit de regarder le lac blanc et les iles rocheuses.
Le parole sono inutili, basta guardare il lago bianco e le isole rocciose.
Words are useless, just look at the White Lake and the Rocky Islands

 

 

 

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A Pont Aven

05-08-2011pont aven

C’est l’été, allons faire un tour, je t’attendrai en face du moulin,
Nous serons protégés, par la nature et les oiseaux, de la médisance
à nos pieds nous aurons l’eau qui tourbillonne et qui geint.
C’est un lieu peu ordinaire, l’on est pris malgré soi par l’ambiance.

La jupe se balance, ses plis changent sans cesse, rythmé par ses pas
Merci soleil tu m’offre l’ombre de ses jambes et de ses appas.
Zut! Elle passe à l’ombre, adieu douce vision, tu es trop éphémère.
Je prends le vieux pont pour échapper au regard des commères. 

Mon dieu se n’est pas possible, il fait vraiment très chaud
par bonheur nous avons rendez-vous au bord de l’eau.
Le petit sentier qui descend vers l’Aven est tapissé de poussière
plus l’on descend et plus il faut enjamber de grosses pierres.

Elle est là, allongée dans l’herbe sèche, les yeux clos face ciel.
Ici tout est empreint de magie, les génies et les fées sont éternels.
Dans l’eau, sa main droite fait de petites vagues et des tourbillons.
Sa poitrine tel les vagues va et vient au rythme lent de sa respiration.

Les sandales sont bien rangées côte a côte sur un rocher,
Sa jupe relevée, offre au soleil sa blancheur illuminée
Un souffle d’air frais passe, la pointe de ses seins perce son corsage,
Eh !.. Mon Bonhomme, ne te met pas en émoi, reste là bien sage.

Sa main gauche, doucement, caresse un galet rond et doux,
Où est-elle en ce moment? Nul ne le sait, loin de tout
Un tressaillement, puis deux, puis trois, les paupières sont closes,
les lèvres s’entrouvrent, le cœur s’emballe, les joues sont roses.

Une branche bruisse, les yeux s’ouvrent et montrent sa surprise.
La revoilà, un regard, l’esquisse d’un sourire de femme éprise
L’évasion est terminée, la réalité reprend le dessus, dommage
Ces genoux sont sous son menton, ses yeux embrassent le paysage

Il est là, les spartiates à la main, par ou est-il passé ?
A son tour il s’assoit sur l’herbe, le menton sur les genoux
Leurs souffles se rapprochent, deviennent court, oppressés.
Les yeux brillent, scintillent, mais les regards sont très doux

La respiration devient profonde, c’est presque un soupir
La jupe remonte le long des cuisses, toile de lin sur cachemire
Un souffle d’air chaud, un rayon de soleil sa poitrine revit
La lumière rayonne dans ses cheveux, la chaleur la ravie

Une bouffée de bien être la traverse, c’est le grand émoi.
Les images défilent, le désir monte, c’est le trou noir, ils explosent
Plus rien n’existe qu’eux, salut vous autres, salut toimoi.
Enfin !.. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps qu’ils osent?

Fille de la mer Noire, d’Ukraine ou d’ailleurs qu’as-tu fui ?
Ta quête d’une vie meilleure t’a mené ici, et puis il y a eu lui
Le bonheur et la tendresse sont souvent resté très discret,
Peu importe, maintenant dans sa tête elle a un refuge secret.

Le soleil peu à peu a disparu à l’horizon seul sa lueur illumine le ciel
entre le vert des arbres et l’azur du ciel courre un collier de miel
Soyez sages, enlacez-vous, main dans la main il remonte le sentier.
Il est six heures, les cloches sonnent l’angélus, c’est l’heure de rentrer.

Illustration et texte de Jean-Daniel Perrin