A Morey

A Morey

C’est l’été, ils sont beaux dans leurs légers vêtements.
Elle porte un corsage très ample, blanc avec des dessins
son décolleté en pointe laisse voir la naissance de ses seins
disons le sans honte, c’est un paysage des plus charment.

Et lui, il porte une chemisette très fine, bleue.
Haï ! Le profil, rentre ton ventre mon vieux
Mais non que diantre, l’on est comme l’on est,
c’est le privilège des ans et s’est mignonnet.

Ils sont à Morey dans la cour de l’ancien monastère.
L’Architecture doit être du 17ème, c’est austère.
La pauvre elle doit en avoir assez des monuments.
Le propriétaire les a rejoint l’air bon enfant.

Il leur explique qu’a l’époque des religieuses
Une partie des locaux servait d’école aux petits
Nous les imaginons jouant la mine radieuse.
La cloche sonne la récréation est finie.

Ils se mettent en rang en continuant de jouer.
Que se passe-t-il dans leur tête, qu’est-ce qui germe ?
Leur futur se prépare, pour quoi seront-ils doués ?
Voilà les derniers sont rentrés, la porte se ferme.

Le matin lorsqu’ils rentrent dans la classe
la maîtresse a déjà écrit sur le tableau
un texte moralisateur bien comme il faut,
sacré non, il faut éduquer la populace.

Nos bons petits doivent être studieux
ne pas pécher et craindre la justice de Dieu.
C’est important de leur donner une bonne éducation,
Se seront des agneaux sans trop d’imagination.

Ah, les instituteurs, ces curés de Jaurès
Il faut lutter contre les idées qu’ils professent.
Se sont des diables, des mécréants,
Il ne faut pas leur confier nos enfants.

Dès l’adolescence ils apprennent à revendiquer
Beaucoup à quinze ans ne savent pas compter,
Lire et écrire n’en parlons pas, c’est de l’abstrait,
Ça ne concerne pas le fils du notaire, il est parfait.

Vient, sortons de ce lieu quasi abandonné
Allez salut, au revoir, nous devons rentrer
La restauration entreprise par ces braves gens
durera très longtemps, ils sont vraiment méritant.

Illustration et texte de Jean-Daniel Perrin

Giverny au printemps – 春のジヴェルニー

Giverny copier

C’est le printemps, le retour de la chaleur
plus rien n’existe les feuilles trembles
Un souffle d’air chaud doucement les caresses
l’ambiance est serine et enchanteresse.

Elle attend, il attend, il ou elle attend
la tendresse partagée et les doux moments
qui font que l’emprise du temps est estompée
par le plaisir d’être ensemble, retrouvé.

Quel est le nom de ces arbrisseaux?
peu importe c’est le refuge des oiseaux.
Haïe !.. Ils piquent se sont des prunelliers
cet hiver ils reviendront avec des paniers.

Là, regardez, le sol est tapissé de marjolaine
Les pétales de leurs fleurs sont douces et fines
Le pistil attend impatient le pollen,
il faut prendre son temps disent les étamines.

Combien de ces arbres cet hiver vont disparaître ?
Regard cet arbre magnifique, c’est un hêtre.
Sous le prétexte fallacieux qu’il est trop vieux
Il a été jugé tout juste bon à faire du feu.

Erreur, je ne suis par un hêtre
réviser vos cours de botanique les jeunets
Eh oui, c’est vrai, je suis un charme
et je tremble dès qu’arrive le mois de mai.

Oh pour qui se prend-t-il celui là ? la feuille réjouit.
Je suis le charme! Et bien moua je suis l’arbre de vie
l’univers est mon domaine et suis le symbole des lois
Oh les troncs, je suis un greffé et vous deux à la fois.

Ils entendent parler les arbres de la forêt
comment font-ils, quel est leur secret ?
A cela, Cher, c’est simple, une et un font trois
Oh les troncs, je suis un greffé et vous deux à la fois.

Dans une heure se sera le retour
Ne vont-ils pas faire des détours ?
Sûrement ce n’est pas possible par-là,
il faut aller là, puis là pour arriver là.

Il est cinq heures, il faut rentrer,
Peut-être qu’en proposant un thé
il sera possible d’arrêter le temps
ne fusse que quelques instants.

Illustration et texte de Jean-Daniel Perrin

La noue Galant

La noue galant

Après avoir emprunté maints chemins
pourquoi un jour se sont-ils rejoints ?
Peut être parce que se devrait être ainsi
Il paraît que dans le ciel les destins sont écrits.

Ils vont tous deux dans la même direction
savent-ils où ils vont, point d’interrogation ?
Peu importe, ils sont deux et ils avancent,
l’essentiel de la progression est la permanence.

Un plus un n’est pas égal à deux.
Deux âmes unies ont la force de trois.
Elles se soutiennent mutuellement
et d’une poussette défont leurs assaillants.

En parcourant ensemble les mêmes lieux
Ils se connaîtront de mieux en mieux
L’essentiel n’est-il pas de toujours avancer ?
Hésiter, soupeser n’est-ce pas stagner ?

Sur le sentier ils avancent en préservent les fleurs
Les fleurs sont sensibles il ne faut pas qu’elles pleurent
Elles naissent, s’épanouisse et meurent pour renaître
C’est le cycle immuable des ans qui n’a pas de maître.

Et puis rentre dans leur vie un être Cher
sans aucun lien avec le quotidien
mais par contre ils se connaissent bien
par miracle, peu à peu tout s’éclaire.

Ça ne va pas, leur esprit puisse l’énergie
nécessaire dans leur jardin secret
et ils surmontent les vicissitudes de la vie
avec de douces pensées et un sourire discret.

Ce chemin, tranquillement, ils vont le poursuivre,
il faut espérer qu’il leur apportera la joie de vivre,
Ils avancent sur le sentier de grande randonnée
ou a pris naissance par mégarde leur complicité.

Voilà les beaux jours, le mois de mai,
dans les forêts toute la végétation renaît
Le plaisir commence pour les promeneurs,
ils peuvent admirer des parterres de fleurs.

Ces courts moments qu’ils s’octroient
ne doivent êtres que source de joie.
Dans l’attente de se retrouver sur le chemin
Ils cultivent sans cesse leur petit jardin.

Texte et dessin de Jean-Daniel Perrin

A Pont Aven

05-08-2011pont aven

C’est l’été, allons faire un tour, je t’attendrai en face du moulin,
Nous serons protégés, par la nature et les oiseaux, de la médisance
à nos pieds nous aurons l’eau qui tourbillonne et qui geint.
C’est un lieu peu ordinaire, l’on est pris malgré soi par l’ambiance.

La jupe se balance, ses plis changent sans cesse, rythmé par ses pas
Merci soleil tu m’offre l’ombre de ses jambes et de ses appas.
Zut! Elle passe à l’ombre, adieu douce vision, tu es trop éphémère.
Je prends le vieux pont pour échapper au regard des commères. 

Mon dieu se n’est pas possible, il fait vraiment très chaud
par bonheur nous avons rendez-vous au bord de l’eau.
Le petit sentier qui descend vers l’Aven est tapissé de poussière
plus l’on descend et plus il faut enjamber de grosses pierres.

Elle est là, allongée dans l’herbe sèche, les yeux clos face ciel.
Ici tout est empreint de magie, les génies et les fées sont éternels.
Dans l’eau, sa main droite fait de petites vagues et des tourbillons.
Sa poitrine tel les vagues va et vient au rythme lent de sa respiration.

Les sandales sont bien rangées côte a côte sur un rocher,
Sa jupe relevée, offre au soleil sa blancheur illuminée
Un souffle d’air frais passe, la pointe de ses seins perce son corsage,
Eh !.. Mon Bonhomme, ne te met pas en émoi, reste là bien sage.

Sa main gauche, doucement, caresse un galet rond et doux,
Où est-elle en ce moment? Nul ne le sait, loin de tout
Un tressaillement, puis deux, puis trois, les paupières sont closes,
les lèvres s’entrouvrent, le cœur s’emballe, les joues sont roses.

Une branche bruisse, les yeux s’ouvrent et montrent sa surprise.
La revoilà, un regard, l’esquisse d’un sourire de femme éprise
L’évasion est terminée, la réalité reprend le dessus, dommage
Ces genoux sont sous son menton, ses yeux embrassent le paysage

Il est là, les spartiates à la main, par ou est-il passé ?
A son tour il s’assoit sur l’herbe, le menton sur les genoux
Leurs souffles se rapprochent, deviennent court, oppressés.
Les yeux brillent, scintillent, mais les regards sont très doux

La respiration devient profonde, c’est presque un soupir
La jupe remonte le long des cuisses, toile de lin sur cachemire
Un souffle d’air chaud, un rayon de soleil sa poitrine revit
La lumière rayonne dans ses cheveux, la chaleur la ravie

Une bouffée de bien être la traverse, c’est le grand émoi.
Les images défilent, le désir monte, c’est le trou noir, ils explosent
Plus rien n’existe qu’eux, salut vous autres, salut toimoi.
Enfin !.. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps qu’ils osent?

Fille de la mer Noire, d’Ukraine ou d’ailleurs qu’as-tu fui ?
Ta quête d’une vie meilleure t’a mené ici, et puis il y a eu lui
Le bonheur et la tendresse sont souvent resté très discret,
Peu importe, maintenant dans sa tête elle a un refuge secret.

Le soleil peu à peu a disparu à l’horizon seul sa lueur illumine le ciel
entre le vert des arbres et l’azur du ciel courre un collier de miel
Soyez sages, enlacez-vous, main dans la main il remonte le sentier.
Il est six heures, les cloches sonnent l’angélus, c’est l’heure de rentrer.

Illustration et texte de Jean-Daniel Perrin

 

 

 

Le presbytère

Presbytère de Corgirnon

Un signe de tête, un sourire esquissé, elles sont bien polies!
Elles les regardent d’un air hautain et dédaigneux
Peut-être est-ce parce qu’elles sont habitées par Dieux.
Ou bien qui sait, est-ce le doute ou la mélancolie.

Elles vont, elles viennent, silencieuses, la tête penchée.
De crainte d’affronter un regard elles ont les yeux baisés.
Elles devront acheter des indulgences papales à bon prix
Si elles veulent aller directement au paradis.

Tout laisse à penser qu’elles ont besoin de considération,
A quel titre, à quel mérite, professionnel ou bien bonté ?
Professionnel sûrement mais pour la bonté, point d’interrogation?
Ah ! Si seulement elles connaissent la courtoisie et la charité.

Elles vont, elles viennent, toujours avec la même façade.
L’œil habituellement triste brille dans la méchanceté et la sottise
et puis l’éclat se ternit et le regard redevient maussade,
Pour ces Filles là nous ne sommes capables que de dire des bêtises.

Abandonnons les sans remord à leur réserve et à leur médiocrité,
C’est un réconfort de penser qu’elles ne seront pas à nos côtés au paradis.
Si elles continuent, le paradis n’est pas gagné, ne dite pas de méchanceté.
Le jour venu les gens de cœurs et de qualités prieront. De pronfondis…

Elles pourraient être Coptes, elles sont Catholiques,
Elles ont été baptisées sans le vouloir, selon un rite antique
Pourquoi, parce que c’était ainsi dans leurs villages.
Et puis il y a eu la première communion avec ceux du patronage.

Elle est toujours là pour assister les personnes endeuillées
La voilà avec ses livrets contenant les textes circonstanciés,
Doucement elle guide, elle oriente, en tenant compte des personnalités
Et le fils, seul, égaré, la nimbe et ne sait comment la remercier.

Et puis il y a les autres, les faux culs condescendants
Ceux que l’on ne voit qu’aux enterrements, les compatissants.
Et sa spécule et sa commente: A, tout de même hein…
Laisse les, vient vite derrière le cimetière, dans les sapins.

Et puis il y a l’époux qui déclame, hypocrite, se croyant un modèle
Qu’ils ont été mariés quarante deux ans et qu’il a toujours été fidèle
Le pleutre, le sot, oublie de dire combien de fois il l’a fait pleurer.
Mais c’est un bon catholique, tous les dimanches il va communier.

Pourquoi as-tu aidé à préparer la messe pour ce jean-foutre sans consistance
C’est un criminel passif il l’à détruite par sa suffisance, par son indifférence.
Je t’en prie, je t’en supplie dit moi que tu l’as fait pour elle, pas pour lui
Tu as raison, elle est heureuse maintenant, elle refait sa vie au paradis.

Texte et illustration de Jean-Daniel Perrin